Des résidences d’artistes

Deux sessions de résidences sont organisées par an ; au printemps et à l’automne. Elles peuvent être collectives et pluridisciplinaires. Cela génère des échanges ouverts entre les artistes et leurs pratiques respectives. Mì project met à disposition des résidents un atelier de production en Centre-Corse, dont l’équipement permet de travailler le bois, le fer, la pierre, l’argile, le plâtre, la peinture, l’image, le son, la vidéo, l’installation, la performance. Un second atelier en Castagniccia, destiné à une pratique artistique plus autonome ou intimiste est proposé également aux artistes. Les artistes disposent enfin d’une bourse de production. Lors de ces moments de recherches et/ou de réalisation, plusieurs temps sont dédiés à la diffusion de ces travaux : conférence, rencontre avec les publics et scolaires, exposition de restitution de résidence à l’atelier ou dans des lieux partenaires en Corse ou à l’extérieur.

Session 2023 : Rémi Voche, Aram Kebadjian & Stéfane Perraud, Cédric Teisseire, Dumè Paolini, Sébastien Dominici

Rémi Voche

L’artiste s’interroge sur sa propre culture. Il sait qu’elle est une mosaïque d’emprunts à d’autres cultures qui se croisent, se mélangent et s’unissent, se renforcent ou s’affaiblissent, parfois jusqu’à l’inéluctable disparition contre laquelle il lutte par ses créations. Son travail plastique, par la création de performances, d’images, ou d’objets-sculptures, est le moyen de rendre hommage à la culture dans laquelle il se trouve à l’instant T. Pendant sa période de résidence, Rémi Voche s’est concentré sur un travail en Castagniccia. Il a d’abord étudié le patrimoine matériel et immatériel de la région de Tarrano, par une déambulation autant pédestre sur les chemins, que littéraire dans les histoires anciennes. Il a écrit ensuite ses propres mythes, et les a lui-même mis en scène dans ces lieux. Il a immortalisé enfin ce travail en photo, en vidéo et par des installations éphémères in situ.

Aram Kebadjian & Stéfane Perraud

Les deux artistes travaillent à un projet sonore et d’écriture. Il s’agit d’un dispositif sonore, qui est composé d’une antenne à rotor permettant de capter des signaux de satellites zombies, et de transformer ce signal en nappe sonore. Cette nappe sonore est elle-même ponctuée de lectures en lien direct avec ce que l’on entend, ce qui fictionnalise d’autant plus le procédé. La résidence avec Mì project a permis de nourrir leur recherche, et de mettre leur dispositif sculptural et sonore en confrontation au territoire et à la tradition du chant. Les artistes ont présenté au public le concept déjà existant de l’installation sonore correspondante au projet, pendant le festival E Giovannale dans plusieurs communes du territoire.

Cédric Teisseire

Dans son travail le peintre s’attèle à reproduire des gestes simples qui animent la matière même, utilisant ses propriétés physiques pour défier le mouvement arrêté du tableau. Il voit en la matière une forme de vie qui suit les lois de «siccativation», et contredisent parfois celles de la gravité. La résidence de Cédric Teisseire a eu lieu principalement à l’atelier de production de Piedigriggio. Elle s’oriente vers la réalisation de deux sculptures, inspirées et composées principalement de son environnement direct et des matériaux qui s’y trouvent. Une des deux œuvres détourne le procédé d’atelier utilisé par l’artiste, à des fins de rendre hommage aux aiguilles de Popolasca, et à Paul Cézanne. Il prévoit ces œuvres in situ, pour mettre en exergue un jeu de correspondances subtiles entre les œuvres et la nature qui les entoure. Sa recherche plastique dans son ensemble est concentrée sur une étude approfondie de la matière et de ses caractéristiques, en la soumettant à diverses contraintes relevant de la physique. Elle se réalise par l’emploi de différents médiums et techniques, autant en peinture qu’en sculpture.

Dumè Paolini

Sculpteur dont les oeuvres protéiformes sont issues de matériaux divers, assemblés les uns aux autres par accumulation ou en strates. Une forme dans l’espace est ainsi générée, entre abstraction et figure, et dont la lecture contient plusieurs sens et interprétations. La sculpture de Dumè Paolini est une forme géométrique. Un losange aux côtés affutés, décuplé à l’horizontal en cinq strates. Chacune des strates est une tôle d’acier de 8 millimètres d’épaisseur et de 2×1 mètres d’envergure, dans laquelle est découpée la forme définie. Malgré ces multiples niveaux, la sculpture fait preuve d’une improbable légèreté. Le matériau brut s’efface dans les lignes et l’assemblage des tôles entre elles. Les tôles sont embouties par endroits, afin de les assouplir et de leur donner un mouvement aérien. Elles sont aussi toutes embouties de manière linéaire et à intervalle régulier, d’un bout à l’autre de la tôle. Cette «dorsale» est apparue lors de la manipulation de la première tôle, et a été reproduite sur les cinq tôles. Le caractère anthropomorphique de la tôle enveloppe l’oeuvre entière, envers qui l’empathie ressentie est grandissante. Nommée Altéroïde, l’oeuvre ne peut être définie juste par sa forme. Elle est un carrefour d’idées, de formes bien sûr, et de sensations. Là où apparait une sorte d’animal, s’ajoute un détail qui change radicalement l’appréciation de la sculpture, et de fait, ce à quoi le regardeur pourrait la rapprocher.

Sébastien Dominici

Les oeuvres de Sébastien Dominici sont marquées par l’esthétique du street art et d’une culture urbaine issue du surf et du skateboard. La question du support est importante dans son travail, au point d’utiliser ce qu’il trouve autour de lui, à l’atelier ou sur les murs de sa ville. Inspiré par l’environnement de l’atelier, Sébastien Dominici a réalisé une installation composée d’un prie-Dieu et d’un téléphone portable disposé face à lui.

Mì project reçoit aussi le soutien de la commune de Tarrano, et de Novale

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